Opinel vu par Xavier Bourgois

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

© Achile De Lièvre

Je m’appelle Xavier Bourgois, j’ai 41 ans et je suis originaire du Calvados en Normandie. Il y a 3 ans, j’ai quitté Paris pour emménager en Bretagne à Lorient. Je partage mon temps entre mon activité de vidéaste (prestations vidéo et animations de ma chaîne YouTube The Other Life) et un emploi à temps partiel dans une association en tant que responsable de la communication et de la création de contenu. J’apprécie flâner longuement dans une librairie, chiner dans les brocantes, jouer une partie de cricket aux fléchettes, enfiler une paire de chaussettes neuves et la microaventure.

Peux-tu nous en dire plus sur ton parcours ?

J’ai fait des études à Angers et obtenu un master en communication. J’ai commencé ma carrière en tant que responsable des réseaux sociaux de grandes marques pour une agence de communication parisienne. Je travaillais à l’animation des réseaux sociaux de Mercedes-Benz par exemple. À 30 ans, ma vie était plutôt stable et bien rangée. Mais suite à une rupture amoureuse, les dominos ont commencé à se percuter.

D'où vient le projet "The Other Life" ?

La vie vous plante parfois devant un carrefour. Ça n’arrive pas tous les 4 matins mais quand ça arrive, soit on choisit de s’en saisir, de faire un constat lucide et de bifurquer (à gauche ou à droite), soit on poursuit tout droit par commodité ou par obligation. 

Mon constat lucide fut le suivant : je n’aime pas vraiment mon travail. Quelqu’un a acheté mon énergie vitale et mes compétences pour que je m’assoie derrière un écran 70 % de mon temps éveillé afin de l’aider à vendre plus de voitures. Voitures qui n’ont pas vraiment l’intention d’emmener le monde vers des jours meilleurs.

Une volonté s’est alors imposée à moi en revenant de vacances : demander une rupture conventionnelle avant la fin de la semaine et changer de cap. Un ultimatum en tête pour éviter que cette audace ne s'évanouisse. Et faire cap vers où ? Ce n’est pas encore clair mais des lignes directrices se dessinent : le voyage, raconter des histoires, l’art et la création, être dehors. 

Un gros sac à dos et 6 mois de voyage plus tard (où je deviens instructeur d’apnée puis volontaire en mer pour l’ONG Sea Shepherd), je reviens en France avec le projet de lancer une chaîne YouTube sur la microaventure.

As-tu toujours voulu être créateur de contenu ?

Je me souviens en 3ème avoir emprunté au CDI « Les métiers du cinéma », un livret d’orientation édité par L’Étudiant. J’étais très attiré par la réalisation et cette envie profonde de raconter des histoires. Dès 15 ans, j’ai eu à Noël une caméra Sony dans les mains et je m’essayais à des films amateurs avec mes amis. Mais la vie nous emmène souvent vers des choix raisonnables et j’ai posé la caméra. Je la reprendrai finalement 15 ans plus tard. Une reconversion, ce n’est peut-être pas se réinventer mais plutôt se retrouver ?

Peux-tu nous en dire plus sur tes aventures ?

© Achile De Lièvre

Dans mes aventures, j’essaye bien souvent de transposer un récit fabuleux et lointain en quelque chose de bien tangible et local. Transformer ses rêves de voyage en réalité. C’est d’ailleurs comme cela qu’est née ma première idée de microaventure dans les Vosges, celle qui a lancé ma chaîne. La recette est souvent la même : je suis fasciné par un récit d’aventure, je l’adapte à ma disponibilité réduite, à mes compétences techniques approximatives et à mon budget encore plus approximatif et j’obtiens une microaventure.

Revenons sur cette première microaventure.

Nous sommes en 2016 et dans mes lectures, je découvre « Dans les forêts de Sibérie » où Sylvain Tesson part 6 mois à 6 000 km s’isoler dans une cabane rustique près du lac Baïkal. En parallèle, je lis et découvre cet anglais, Alastair Humphreys, qui arrive avec un concept de microaventures.

© Achile De Lièvre

Il dit que l’aventure commence en bas de chez soi, qu’il n’y a pas besoin de partir loin, ni longtemps et qu’on retrouve finalement 75 % des bienfaits d’un grand voyage dans des petits voyages. Ma tête mélange ces 2 projets et j’imagine une histoire où je pars non pas 6 mois mais 6 jours, non pas à 6 000 km en Sibérie mais à 600 km dans les Vosges. Amusé par cet exercice, je me dis que cette gymnastique de la réduction (de la sobriété aussi) a un bel avenir si on l’applique au tourisme et aux voyages.

Et donc plutôt que de vivre des aventures en Patagonie, en Himalaya ou dans les steppes mongoles, je décide de montrer des alternatives plus proches : descendre la Loire en radeau, voler en parapente à Annecy, construire un igloo géant, faire un trek en Corse sous la neige ou aller dans le Jura manger un Mont-d’Or au Mont d’Or. Et ce faisant, je suis profondément conquis par ces émerveillements dans mon propre pays.

Je découvre en effet tous les bienfaits des grands voyages dans ces petits voyages. La facilité d’organisation me permet même de vivre plusieurs moments extraordinaires comme ceux-là par an, plutôt que de tout miser sur un voyage XXL aux lourdes attentes, qui demande beaucoup d’organisation et de budget, et qui peine souvent à se concrétiser.

Comment s'est passée l'écriture de ton livre « L’appel de la nature, le manuel de la microaventure » ?

En diffusant mes reportages vidéo sur YouTube, je voulais montrer que partir à l’aventure n’était pas réservé à une élite ou qu’il n’y avait pas besoin d’être un athlète de haut niveau pour se lancer dans un trek. Mais les mêmes commentaires revenaient toujours : « Merci pour tes vidéos mais je ne me sens pas capable de faire ce que tu fais. », « quel sac tu conseilles pour un débutant ? », « comment tu trouves tes itinéraires et tes idées ? », « ça a l’air trop bon tes recettes de bivouac, moi je suis incapable de cuisiner en pleine nature… ».

Certains n’osaient pas partir, d’autres l’envisageaient peut-être mais avaient mille questions. Je me suis dit qu’avec les centaines et les centaines de questions que je lisais et auxquelles je répondais, j’avais une vision très précise des freins et des doutes des gens pour partir à l’aventure. Et je me suis dit qu’il faudrait un jour prendre le temps de formaliser de vraies réponses et d’écrire un livre qui permettrait à n’importe qui d’oser sereinement se lancer dans la planification de ses propres microaventures.

Comment est né le partenariat avec Opinel ?

(c) Xavier Bourgois

Je ne suis pas très fort en démarchage ou pour me vendre. Lorsque j’ai cherché des fonds pour soutenir mon travail, je n’ai ciblé que quelques marques et entreprises qui me semblaient en adéquation parfaite avec les valeurs de ma chaîne et mon univers. Le hasard fait aussi qu’une amie à moi de Lorient, la navigatrice Itzel Marie Diaz, cherchait elle aussi des partenaires pour traverser l’Atlantique en solitaire à la voile. Et c’est Opinel qui lui a répondu favorablement. Nous étions très contents pour elle que son rêve de traverser l’Atlantique puisse se matérialiser grâce à ce partenaire trouvé. J’étais moi-même en pleine recherche de partenaires pour m’aider à financer 6 nouveaux épisodes pour ma chaîne YouTube. Et je me suis dit : Opinel / The Other Life, quelle belle association. Quelle évidence. J’ai tenté ma chance, mon projet a plu et on m’a invité à traverser la France pour rencontrer l’équipe en Savoie et discuter du projet. Un déplacement comme une épreuve de motivation mais motivé, je l’étais et quelques semaines plus tard, je les rencontrais. Le courant est tout de suite passé.

Un souvenir avec Opinel ?

C’était lorsque je traversais les Pyrénées à cheval en 2024. Nous sommes un groupe de 7 femmes et 4 hommes à les traverser intégralement (60 jours de cheval répartis sur 4 expéditions). Chaque été, nous faisons une expédition de 15 jours et en 4 ans, nous aurons finalisé cette traversée.

Cela ne faisait que 2 jours que nous avancions avec le groupe et je réalise que j’ai égaré mon Opinel. L’idée de passer toute cette aventure sans mon couteau m’attriste et sur les crêtes, les boutiques et magasins ne sont pas légion. Jarek, un allemand de 73 ans qui chevauche avec nous, m’observe au diner avec mon unique fourchette et me voit emprunter le couteau commun. Il comprend que j’ai égaré mon couteau et me tend le sien. Un Opinel qui a traversé le temps mais toujours dans un état soigné. Il me précise qu’il a un deuxième couteau dans son sac et va le chercher. Je sens que son Opinel a une histoire et je le remercie de me dépanner. À la fin du séjour, je lui rends mais il refuse, il m’encourage à le garder. Pour lui, c’est à mon tour d’écrire et de poursuivre l’histoire de ce couteau.

Ton Opinel préféré ?

(c) Studio Kalice

J’aime beaucoup mon petit couteau de poche N°08 Chêne Black.

J’ai l’impression d’avoir un couteau très singulier et sa lame noire fait toujours son petit effet chez les néophytes.

Cependant, depuis que j’ai découvert le Set Picnic+, je ne pars plus jamais en aventure sans ma fourchette et ma cuillère.

Opinel en 3 mots ?

Fédérateur - on a tous une histoire à partager, un souvenir particulier autour d’un couteau Opinel. 

Populaire - j’apprécie que cette marque touche absolument tout le monde. Ce ne sont pas des couteaux élitistes ou snobs. Ce sont de très beaux couteaux pour tout le monde. 

Redoutable - c’est quand même important de ne pas être déçu par le tranchant d’un couteau et avec Opinel, cette promesse est toujours tenue. 

Je me permets un quatrième : Familiale. En nouant un partenariat avec Opinel, j’ai trouvé des liens humains, des rencontres, de l’écoute, de la confiance et un esprit de famille qui semble animer toute l’équipe encore à ce jour. Et ça fait du bien !